Une économie mondiale incontrôlée présente quatre types de dangers :
Sur le plan économique :
La situation économique internationale présente une grande fragilité.
Le capitalisme actuel est caractérisé par le libre échange et de manière plus spécifique par la libre circulation des capitaux au niveau mondial.
On peut se représenter le système financier mondial avec un centre, essentiellement constitué par les pays riches, et une périphérie comprenant les autres pays.
Pour se développer, ce système financier a besoin d’un transfert permanent de capitaux à la périphérie. Les moyens essentiels d’acheminement de ces capitaux sont constitués par les prêts extérieurs, ou par les investissements des entreprises multinationales. Le système financier mondial a tout intérêt à multiplier le nombre de pays où il est possible d’investir, de consentir des prêts ou d’implanter des entreprises multinationales.
La fragilité de ce système se manifeste à deux niveaux :
- Au niveau périphérique, il suffit qu’un pays montre des signes de faiblesse ou qu'il suscite l’inquiétude pour que les pays voisins soient victimes, eux aussi, de manière quasi réflexe, de la fuite des capitaux. Cela est néfaste pour la périphérie et peut même s’avérer fatal pour l’économie de pays émergents.
- En outre, des apports insuffisants à la périphérie empêchent les pays de cette zone d’accéder à une culture économique et à un développement, ce qui les conduit à puiser toujours davantage dans leurs richesses naturelles.
- Au niveau central, l’excès brutal de capitaux, lié à l’onde de propagation de la crainte en périphérie, va très vite être à l’origine d’une « surchauffe » allant jusqu’à justifier le relèvement des taux d’escompte. Crainte d’autant plus facile à propager qu’il n’existe pas à la périphérie une véritable culture économique. Et si la détresse de la périphérie continue à s’intensifier, elle devient très vite dangereuse pour le centre, lequel sera tenté de ralentir ses importations pourtant nécessaires pour alimenter le flux inverse des capitaux.
La crise du système financier mondial serait alors accompagnée d’une crise du libre échange.
Sur le plan politique :
La mondialisation de l’économie laisse aux politiques de chaque pays peu de leviers pour pallier les conséquences qu’elle entraîne pour leurs concitoyens, favorisant l’hostilité à la fois envers la mondialisation et envers les politiques en question. Or l’Histoire nous apprend que lorsque les citoyens n’acceptent plus l’impuissance des politiques de leur pays, ils sont tentés par les thèses de leaders extrémistes.
Sur le plan humain :
L’écart entre les plus aisés et les plus démunis est de plus en plus important, entraînant le risque de voir certains peuples souffrir et rester dans la misère -au risque même de disparaître- ou d’en pousser d’autres dans le terrorisme ou la barbarie.
Sur le plan environnemental :
La Société a pris conscience de l’impact croissant des activités humaines sur l’environnement. Il est désormais urgent de faire émerger des pratiques économiques respectueuses de l’écosystème mondial et compatible avec un développement durable, moteur d’une croissance mieux régulée.