Une mondialisation éthique est une mondialisation où les citoyens orientent leur comportement dans le sens d’une plus grande responsabilité au bénéfice du bien commun.
Une mondialisation éthique est une mondialisation où les citoyens orientent leur comportement dans le sens d’une plus grande responsabilité au bénéfice du bien commun.
La crise du « subprime » vient de fragiliser grandement l'économie mondiale, la locomotive étatsunienne n'en étant pas encore remise. Subprime est un terme barbare signifiant que certains se sont enrichis indûment en spéculant sur le risque, en l'occurrence celui de savoir si certains débiteurs seraient ou non capables de rembourser les traites de leur crédit. Ces dernières années, la concurrence effrénée des organismes de crédit, aux USA, les avait poussés à ouvrir très largement les conditions d'accès au crédit, en l'ouvrant à des profils difficiles et dont les capacités à rembourser étaient de plus en plus aléatoires. La baisse de l'immobilier (sur lequel est souvent hypothéqué le crédit) et l'augmentation des taux directeurs de la Fed (banque centrale des USA) sur lesquels sont indexés les taux de remboursement desdits crédits a tout simplement étranglé financièrement des millions de personnes. Ce mécanisme a conduit nombre d'organismes de crédits à revoir leur solvabilité et pour certains à mettre la clef sous la porte, faute de pouvoir récupérer leurs débits; entraînant de même les institutions détentrices de leurs titres à reconsidérer leur propre solvabilité.
Toutes ces structures ont rapatrié leurs liquidités en urgence, faisant s'effondrer les bourses du monde entier (sauf les bourses chinoises, qui continuent d'accumuler les records),contraignant en retour les banques centrales à injecter de grandes quantités de liquidités pour permettre aux banques de couvrir les demandes et leurs obligations de réserve.
On voit dans cet exemple colossal, comment la situation d'un seul pays (il s'agit certes de la première puissance mondiale, mais on a vu par le passé des crises toucher le monde entier avec pour départ la chute de la monnaie d'un seul pays) a réussi à jeter l'économie mondiale dans la tourmente. Bien que la situation se stabilise, les dégâts ne sont pas prêts de cesser de se faire sentir.
Plus d'un millier d'experts, de représentants de gouvernements et de l'industrie venus d'une centaine de pays se sont réunis hier, pour 5 jours, dans la capitale autrichienne, pour essayer de déterminer les moyens de lutter contre le changement climatique. Cette réunion se tient pour 5 jours, dans le cadre de la Convention-cadre des nations unies sur le changement climatique (CCNUCC présidée par Yvo De Boer).Cette réunion doit préparer la conférence de l'ONU sur le climat qui réunira 191 États à Bali (Indonésie) du 3 au 14décembre prochain, en vue de définir de nouveaux engagements internationaux pour la seconde phase du protocole de Kyoto (qui expire en 2012). Elle sera particulièrement l'occasion d'aborder la question des « flux financiers internationaux », autrement dit, le caractère éthique ou non en terme d'impact écologique des investissements : selon les experts, 200 à 210 milliards de$ supplémentaires chaque année d'ici à 2030 pour maintenir les émissions de gaz à effet de serre à leur niveau actuel.
Cette rencontre donne moins l'idée de l'importance (évidente) de la problématique que de celle qu'on lui accorde. D'une part, les scientifiques et les politiques s'accordent (enfin) à admettre la réalité du changement climatique et son origine humaine; les politiques sont d'accord pour discuter de mesures parfois importantes pour en réduire les conséquences néfastes. L'interrogation qui subsiste est évidemment celle de la volonté réelle des politiques, compte tenu des ambitions économiques, des désirs inavoués de protection des industries nationales, et, admettons le, des exigences divergentes des populations. On s'interroge enfin sur le rôle que vont jouer les industriels : le développement durable est une urgence vitale, mais également un secteur appelé à connaître une forte croissance. Le monde entier espère que l'on n'y verra pas uniquement un coût ou une entrave.
Le « remarquable » développement économique de la Chine, qui fait les choux gras de la presse économique et qui réjouit les coeurs des parasites de toute les bourses du monde a démontré plus d'une fois son caractère inhumain au regard des populations, ainsi que dernièrement son absence de respect des règles de certification de ses produits. Mais on parle moins de la dévastation que ce rattrapage économique impose à son environnement. Cet aspect n'est certes pas nouveau, mais un événement particulièrement symbolique advenu dernièrement impose de le mettre un peu plus en lumière. Nous venons en effet d'être les témoins impuissants de la disparition, pour la première fois depuis des décennies, d'un mammifère marin. Lipotes vexillifer, dauphin de Chine ou dauphin du Yang Tsé. La dernière expédition montée pour s'assurer de sa présence, en décembre dernier, était revenue sans avoir pu trouver un seul individu. L'académie des sciences de Chine vient de conclure ce mois-ci officiellement à son extinction.
La disparition de ce dauphin démontre de manière terrifiante le visage réel de la mondialisation. Certes, la Chine nous avait déjà consterné au niveau écologique, affligée qu'elle est de la double tare d'une dictature à la fois communiste et corrompue. On se souvient, durant le « Grand bond en avant», du massacre systématique des moineaux et du désastre qui s'en était suivi. Mais nous ne sommes plus dans les années 60. Circonstance aggravante : le gouvernement chinois était au courant et avait même mis en place un programme de sauvetage de l'espèce. Mais la priorité étant le développement économique, les moyens n'étaient pas à la hauteur (les efforts portant actuellement plus sur l'éducation à la politesse des populations en vue des jeux olympiques). Le grand panda a du souci à se faire.
L'ennui, c'est que cet aimable plantigrade n'est pas le seul à devoir se soucier de ce que fait le gouvernement chinois: ce dernier règne sur 1/6° de l'humanité, et sur une proportion croissante de l'économie mondiale. A cette dimension, toute éducation à l'écologie serait un gain pour l'humanité entière. Lipotes Vexillifer nous démontre à quel point nous en sommes loin.
L'autre point qui me terrifie est l'absence de réelle réaction des médias occidentaux à cette nouvelle. Certes, la France est également en train de laisser agoniser ses ours des Pyrénées (et l'on ne me fera pas croire au caractère accidentel des disparitions systématiques des derniers individus de l'espèce), mais il ne s'agit pas ici de la disparition d'une bestiole immonde pleine de pattes en surnombre, sur laquelle on ne pourrait pas focaliser l'attendrissement des familles, mais d'un gentil dauphin. Si cela même n'émeut plus personne, quel espoir reste-t-il à notre environnement ?
Un petit sondage, paru à Londres démontre que la majorité [des personnes interrogées, soit, en théorie, la majorité] des des habitants des pays occidentaux (en réalité, les États-Unis, l'Allemagne, la France, l'Espagne, l'Italie et la Grande-Bretagne) critiquent sévèrement la mondialisation.
Le problème de la mondialisation, de la même façon que l'Europe, c'est qu'à force de faire croire qu'elle ne peut avoir que le visage qu'elle arbore actuellement, on risque fort de braquer les gens contre elle. Car la mondialisation a également des aspects bénéfiques; on oublie trop souvent les bénéfices que les pays pauvres, en particulier mais pas uniquement, peuvent en retirer lorsqu'elle est bien menée, et on risque fort, à trop tirer sur la corde, de maximiser l'opposition. Ce mouvement, s'il est très visible, reste encore fortement minoritaire; mais l'émergence d'une« fracture sociale » de plus en plus importante entre ceux qui bénéficient de la mondialisation et les autres nourrit amplement les mouvements politiques extrémistes, et le repli sur soi qui répond à la dissolution des identités et au multiculturalisme.
Il est temps de voir émerger, mais surtout de médiatiser et de soutenir de nouvelles pratiques économiques, sociales et environnementales.
Afin d’améliorer la présentation de nos réflexions sur le stress, nous avons décidé de créer, à côté du blog, un site Internet. Vous pourrez lui rendre visite en cliquant sur son image. Bonne visite !
Dans la série des mesures susceptibles de moraliser la mondialisation économique, il en est une quelque peu surprenante : favoriser les entreprises familiales. En effet, leur rendement à long terme est supérieur à celles des autres (une performance annuelle située entre 13 et 14%quand le marché réalise 8,90%, en moyenne annuelle de janvier 1990 à avril 2007); elles ont également prouvé qu'elles résistaient mieux en période de crise (ça a été le cas en 1990-1995, ou en 2000-2003).On dit que l'on gère mieux son propre argent que celui des autres. L'adage est vrai pour les entreprises familiales. Dans leur cas, l'intérêt de l'entreprise se confond avec celui des propriétaires et celui des gestionnaires. D'autre part, elles agissent en prévision du long terme lorsque trop de vampires financiers se pressent de vider une entreprise de sa substance avant d'en vendre les dépouilles. L'intérêt de cette forme d'entreprise pour moraliser l'économie, c'est la conscience du métier et du territoire. Une assemblée de représentants de fonds de pensions à un rassemblement d'actionnaires se moque de produire de l'art ou du cochon du moment que l'argent rentre. La plupart des grands scandales économiques des vingt dernières années sont la faute de ces assemblées d'actionnaires sans âme(fermeture de succursales ou de zones de production rentables pour quelques pour-cent de rentabilité supplémentaire ou licenciement économique collectifs par des entreprises en pleine croissance) . A l'opposé, nous avons ce créateur d'entreprise qui se suicide lorsque les actionnaires qui ont racheté son entreprise décident de tout délocaliser en Asie. Les entreprises familiales, dans leur ensemble sont plus conscientes de ce qu'elles font, de la compétence que cela représente et donc de la valeur de leurs employés, elles sont également plus conscientes de s'inscrire dans un territoire avec lequel elles ont tissé des liens étroits (voir le cas de Michelin à Clermont-Ferrand). Certes, cela n'est pas systématique, elles présentent d'autres types de faiblesses. Mais il serait intéressant de réaliser une étude sur des mesures (notamment fiscales) capables de favoriser ce type d'entreprise.
Avec la mondialisation, la vitesse des échanges est passée à un stade où les gouvernements se sentent dépassés et dépossédés d'une grande partie de leur pouvoir sur l'économie. Quelques mesures permettraient pourtant de stabiliser ces mouvements financiers.
Il y a, bien entendu la célèbre (quoique désormais peu revendiquée) taxe Tobin. Même si son application nécessiterait des accords internationaux que l'on peine à imaginer, elle aurait le mérite (bien avant celui de lever des fonds pour telle ou telle cause) de moraliser l'économie.
Mais d'autres possibilités existent, plus faciles à mettre en oeuvre. Ainsi, en 1998, la Malaisie a eu l'idée, jugée au mieux incongrue, au pire totalement folle, de restreindre la liberté de vente des actions et obligations malaisiennes parles étrangers, en les obligeant à les conserver un an avant de les vendre (d'autres mesures ont également été prises, telles que l'interdiction de souscription de nouveaux crédits étrangers, et le plafonnement et la soumission à autorisation des paiements à l'étranger). Cette mesure, que tout le monde jugea contre-productive et propre à faire fuir les investissements, a, au contraire, permit de stabiliser l'économie malaisienne, de limiter les faillites et d'enrayer la chute du taux de change. Bref, en restreignant la volatilité de l'argent international, ces décisions ont permis au pays de sortir de la crise, et sur un plan symbolique, ont montré que le pouvoir politique pouvait encore primer le pouvoir désordonné de l'économie.
Dans la cadre du nouvel élan aussi bien de nos blogs thématiques que régionaux, nous avons le plaisir de vous inviter à leur rendre visite et notamment au premier d’entre eux à avoir été remodelé et complété, celui sur la santé.
Un nouveau blog, consacré à la Politique de Défense, vient de voir le jour. Nous ne pouvons que vous inviter à lui rendre visite. Merci.
A l’échelle de l’Etat, les citoyens représentent aussi bien les acteurs politiques que l’ensemble des habitants du pays.
Au niveau de l’entreprise, les citoyens correspondent aux quatre piliers chers à Manfred Mack : les clients, les actionnaires, les employés et les dirigeants.
Si certaines idéologies ont montré clairement leurs limites, d’autres méritent d’être enrichies d’une part d’étique.
Quelques exemples semblent l’illustrer.
Nous avons remarqué des Etats qui ne se sentent pas concernés par l’avenir de la planète. Ce n’est plus acceptable. Il faut être responsable !
Nous avons vu des actionnaires ne penser qu’au profit financier, ignorant la responsabilité sociale, environnementale et même économique, si l’on se souvient de certains bilans « arrangés ». On ne peut pas condamner des employés, des régions, des pays, à la misère sous prétexte de rentabilité démesurée. Il faut être responsable !
Nous avons vu des syndicats fermer les yeux sur les activités toxiques de certaines entreprises au nom de l’emploi. Ce n’est plus possible. Il faut être responsable !
Nous avons senti des citoyens se soucier de la responsabilité sociale de leur entreprise et oublier l’importance de cette même responsabilité lorsqu’ils vont faire leurs courses. On ne peut pas faire grève pour avoir de meilleures conditions de vie et acheter sans sourciller des produits élaborés dans des conditions humainement dramatiques. Il faut être responsable !
Ces comportements sous tendus par des idéologies ne peuvent pas résister au temps. La rapidité de la disparition de l’une de ces idéologies, au niveau d’une grande puissance, est d’ailleurs évocatrice.
La vraie vie est beaucoup plus complexe que cela.
Heureusement, des Etats prennent des mesures en faveur de la lutte contre le réchauffement de la planète. C’est cela l’avenir !
Heureusement, des fonds d’investissement éthique se développent de plus en plus et incitent des dirigeants à agir en faveur du développement durable, un développement qui prend appui sur trois piliers : la responsabilité sociale, environnementale et économique. C’est cela l’avenir !
Heureusement, lors de sondages, un très grand pourcentage de citoyens se déclare prêt à payer plus cher un produit réalisé dans des conditions responsables sur le plan économique, social et environnemental. Nous avons aussi vu des syndicats se rallier à cet engagement. C’est cela l’avenir !
Raphaël Anton
Etudiant
Gérard Caron
Designer de renommée internationale, fondateur de l'agence "carré Noir", animateur du site de design admirable design
Cyril Cortina
Diplômé de L'ESCP, il est actuellement directeur dans un cabinet de conseils
Paulo Dos Santos
Diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieure, spécialisé en management de l'achat international. Après avoir intégré le département achats du siège européen de Toyota à Bruxelles, il rejoint une entreprise dédiée au conseil dans le domaine des achats à Londres.
Alban Gelé
Titulaire d'un 3ème cycle en sciences politiques, il travaille actuellement au ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative.
Philippe Rodet
Médecin urgentiste, passionné par le bien être inhérent à la participation des citoyens à la vie de la Cité, il s'investit au sein de "L'Elan Nouveau des Citoyens".
Yann Loupp
Normalien, professeur de Physique et organiste.